Projet INQ-SN

Dynamique du territoire ancestral innu (Nitassinan) à travers l’étude morpho-sédimentaire et socio-culturelle du lac-réservoir Manicouagan

Dynamique du territoire ancestral innu (Nitassinan) à travers l’étude morpho-sédimentaire et socio-culturelle du lac-réservoir Manicouagan

Description

Le projet de recherche vise à acquérir des connaissances sur le territoire ancestral innu (Nitassinan) à travers une étude transdisciplinaire d’un écosystème emblématique du Nord du Québec : le réservoir Manicouagan, aujourd’hui intégré au sein d’un territoire désigné comme réserve de biosphère de l’UNESCO. Les objectifs de ce projet sont :

  1. Comprendre la dynamique limnologique et hydro-sédimentaire d’un grand réservoir en milieu boréal. Il n’existe en effet que très peu d’études portant sur des réservoirs aussi grands, et encore moins pour ceux situés dans les milieux boréaux ou subarctiques. Or, dans le cadre d’un développement du Nord, il y a un besoin pressant de renforcer les connaissances sur leur fonctionnement afin d’anticiper les impacts, mais aussi les changements futurs qui viendraient des actions humaines et des changements climatiques.
  2. Évaluer les impacts morpho-sédimentaires et socio-culturels de l’ennoiement d’un ancien lac naturel par la mise en service d’un réservoir. La majorité des études portant sur la dynamique hydro-sédimentaires au sein des réservoirs concernent des rivières ou des petits lacs de montagne. En revanche, aucune étude ne s’est intéressée aux impacts morphologiques des grands barrages sur les environnements lacustres. Les conséquences socio-culturelles pour les populations résidentes restent également peu documentées.
  3. Évaluer le potentiel archéologique de l’ancienne vallée et du lac Manicouagan à travers la caractérisation des milieux de vie physique et humain avant son ennoiement. Le lac Manicouagan et son réseau hydrographique faisaient partie du paysage culturel des Innus, notamment la communauté de Pessamit. Les anciens sites historiques aujourd’hui ennoyés demeurent encore peu étudiés, à l’instar du patrimoine archéologique encore inexploré à l’échelle régionale.
  4. Reconstruire les paysages physiques et culturels du territoire ancestral depuis la Déglaciation. L’évolution paysagère du territoire formé par l’astroblème et les Monts Groulx reste peu connue en comparaison avec celle des régions plus méridionales. L’étude des enregistrements morpho-sédimentaires, couplée à la mobilisation des savoirs ancestraux, permettra dès lors de renforcer les connaissances sur l’histoire climatique, environnementale et culturelle du territoire avant et après sa transformation.
  5. Former des membres de la communauté de Pessamit à la recherche sur les milieux aquatiques. L’approche participative entre les communautés universitaires et autochtones permettra de promouvoir le transfert de compétences et de connaissances (savoirs ancestraux et universitaires), des stages pratiques pour la formation à l’utilisation des outils de terrain, des ateliers communautaires de partage des savoirs ou des ateliers de cartographie participative. Ces formations permettront aux partenaires autochtones de récolter et analyser des données sur site en autonomie.
  6. Développer des outils de diffusion des connaissances afin de valoriser le territoire ancestral et honorer la mémoire des Innus de Pessamit. La Station Uapishka sera utilisée comme une plateforme pour la diffusion des résultats afin d’appuyer la mobilisation des connaissances par tous les partenaires du projet pour promouvoir le tourisme autochtone. Elle mettra en valeur le patrimoine autochtone et les connaissances culturelles et environnementales acquises sur le territoire ancestral durant le projet. La Station coordonnera l’installation de belvédères interprétatifs à proximité de sites archéologiques d’intérêts.

L’étude du lac-réservoir Manicouagan répond donc à plusieurs objectifs de recherches de l’INQ en lien avec les impacts anthropiques sur le fonctionnement des écosystèmes aquatiques nordiques et sur les milieux de vie autochtones, ici la perturbation d’un territoire ancestral innu par un projet hydroélectrique. À ce titre, ce projet répond à des besoins de connaissances fondamentales sur le fonctionnement des grands réservoirs, et sur leurs impacts sur les milieux de vie physique et humain dans le Nord.

Partenaires

Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan - Uapishka

Conseil des Innus de Pessamit


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Axe

Axe 1 Sociétés et cultures

Axe 3 Fonctionnement des écosystèmes et protection de l'environnement

Axe 5 Ressources naturelles

Début du projet

1 juillet 2020

Fin du projet

30 juin 2023

Chercheur.se Principal.e

Lajeunesse, Patrick (ULaval)

Codemandeur.s codemandresse.s

Desbiens, Caroline (ULaval)
Francus, Pierre (INRS)
Gagnon, Justine (ULaval)