appel à projets conjoint Institut nordique du Québec | Sentinelle Nord

Annonce des projets financés à la suite du premier appel à projets conjoint INQ | SN

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L’Institut nordique du Québec (INQ) et la stratégie de recherche Sentinelle Nord (SN) de l’Université Laval annoncent le financement conjoint de deux importants projets de recherche transdisciplinaires et interinstitutionnels. Financés pour une période de trois ans, ces projets étudient, dans une perspective de développement durable du Nord du Québec et de l’Arctique canadien, des enjeux cruciaux pour ces territoires.

 

Projet 1: Solutions technico-sociales pour étendre, de Whapmagoostui-Kuujjuarapik, l’utilisation des énergies renouvelables vers d’autres régions du Nunavik

 

Chercheur principal :

Jasmin Raymond (INRS) - Centre Eau Terre Environnement

Chercheurs impliqués :

Partenaires :

Descriptif du projet :

Un des défis grandissants auxquels les Canadiens font face est celui du développement durable du Nord. Alors que le Canada abandonne graduellement au Sud les combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables, les communautés autochtones éloignées vivent dans une dynamique de production de chaleur et d’électricité strictement dépendante du diesel, tout en étant fortement subventionnée.

Face aux transformations spectaculaires que connaissent les régions nordiques en raison du changement climatique, quelques initiatives de déploiement de technologies propres y ont vu le jour, mais leur portée demeure limitée, notamment à cause des variations temporelles de l’ensoleillement et du vent.

Pour arriver à une implantation massive de ces technologies, il est nécessaire de résoudre les problématiques de l’approvisionnement en chaleur renouvelable et du stockage énergétique longue durée en régions froides. C’est le principal objectif de ce projet de recherche, qui mise sur une approche multisectorielle afin d’affronter cette problématique, tant sur le plan technique que sociétal.

À cette fin, le complexe de recherche du Centre d’études nordiques de l’Université Laval à Whapmagoostui-Kuujjuarapik servira de laboratoire vivant pour développer un concept d’intégration de systèmes énergétiques hybrides qui pourra être étendu à d’autres villages du Nunavik.

L’équipe de recherche établira tout d’abord un bilan de la consommation énergétique du complexe, pour ensuite développer un modèle de bâtiment dans lequel elle simulera l’impact de solutions énergétiques hybrides (biomasse, solaire photovoltaïque, éolien, géothermie) pour en déterminer la portée des économies et la diminution de l’empreinte carbone. Les chercheurs considéreront les comportements humains, parfois difficiles à prédire, qui influencent la consommation d’énergie. Dans l’optique d’accélérer le déploiement d’un portefeuille énergétique varié, ils procéderont à une analyse rigoureuse des cadres réglementaire et politique. L’équipe de recherche suivra ainsi une approche multisectorielle de manière à adapter les modes d’implantation des systèmes énergétiques aux mécanismes de développement économique préconisés par les populations autochtones, afin d’assurer une intégration harmonieuse des technologies.

Les travaux proposés permettront de définir et d’optimiser des stratégies de gestion énergétique adaptées, non seulement au climat polaire, mais aussi au contexte sociopolitique nordique. Le potentiel de retombées de ce projet est majeur, puisqu’avec des solutions viables de production et de stockage d’énergie, les technologies d’énergie renouvelable pourront enfin répondre à un plus large éventail de besoins et jouer leur juste rôle dans le développement durable du Nord.

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Projet 2: Élucider les liens entre l’environnement marin et les qualités nutritives du béluga et des bivalves à Quaqtaq

 

Chercheurs principaux :

Chercheurs impliqués :

Partenaire et collaborateur :

Descriptif du projet :

Le béluga et les bivalves font partie intégrante de la culture, de l'alimentation et de la sécurité alimentaire à Quaqtaq. Les bélugas migrateurs capturés à Quaqtaq appartiennent à deux populations distinctes de la baie d'Hudson, l'une à l'ouest et l'autre à l'est.

Des travaux récents au Nunavik ont montré que le maattaq, un mets Inuit à base de peau et de graisse de béluga, est exceptionnellement riche en sélénoneine, un antidote potentiel contre la toxicité du mercure.

En appui au programme pilote du Nunavik Marine Region Wildlife Board dans le détroit d'Hudson, le présent projet vise à fournir de nouvelles informations sur la variation des teneurs en mercure, en sélénoneine et en acides gras des bélugas selon leur population d'origine, leur régime alimentaire, leur âge et leur sexe.

Des travaux récents suggèrent que les bivalves, d’autres animaux benthiques et les sédiments du fond marin, où peuvent se développer des bactéries et des champignons producteurs de sélénoneine, peuvent jouer un rôle important dans l’acquisition de nourriture et de sélénoneine par le béluga. Les bivalves, qui sont aussi consommés fréquemment par les Inuits, peuvent être un élément important de la mise en place de stratégies de prévention de l’insécurité alimentaire. De plus, ces animaux peuvent être utilisés comme indicateurs de la qualité de l'eau et de la santé des océans, car ils accumulent des contaminants et des nutriments en filtrant l'eau et les algues ou en consommant des particules qui se déposent sur le sédiment. Puisque l'océan autour de Quaqtaq est fortement exposé au puissant courant de sortie de la baie d'Hudson, la qualité de l'eau et les particules se déposant dans la région sont inévitablement affectées par les changements que subit cette baie. Les divers avantages ou effets potentiellement néfastes reliés à la consommation du béluga et des bivalves peuvent donc être modulés par les changements environnementaux rapides qui affectent les écosystèmes marins nordiques (réchauffement, perte de glace de mer).

Le présent projet répond à ces préoccupations en s’inspirant des connaissances locales des Inuits pour mieux comprendre les liens qui unissent les propriétés physiques et chimiques de l'océan, le microbiome marin et les voies écologiques par lesquelles différentes molécules clés passent de l'environnement arctique aux Inuits. En guise de bénéfice à long terme, le projet vise à procurer à la communauté de Quaqtaq des moyens pour suivre l’état de l’océan et les ressources du fond de la mer afin de continuer à les utiliser de manière durable.

C’est à la suite du premier appel à projets conjoint INQ/SN lancé en avril 2019 que ces deux projets porteurs ont été sélectionnés. Notez qu’un deuxième appel à projets conjoint est présentement en cours et est ouvert aux chercheurs affiliés à l’INQ. Consultez tous les détails du deuxième appel à projets conjoint INQ/SN.

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